Le photographe et journaliste camerounais Samuel Nja-Kwa expose le résultat de sa recherche sur le jazz à la Maison des Etats-Unis à Paris. L'exposition intitulée Jazz Continuum va durer jusqu'au 27 Mai 2011.
Samuel Nja-Kwa. Paris le 22 janvier 2011
Okabol.com: Samuel Nja-Kwa, de quoi parle votre nouvelle exposition, Jazz Continuum ?
Samuel Nja-Kwa: Cette exposition représente un travail que j'ai accompli sur le Jazz et ces icônes qui pour certaines ont berçé mon enfance et même mon adolescence. La Photographie est pour moi une véritable forme d'expression artistique. Avec le Jazz et à travers mes photos, j'exprime ma passion pour cette musique et ses plus ardents et fervents défenseurs tant connus comme Manu Dibango, Ray Charles, Randy Weston, Georges Clinton ou tant d'autres qui sont méconnus du grand public, mais qui font pourtant du bon boulot.
C'est aussi ma façon de leur rendre honneur. C'est une exposition rétrospective et permanente qui a débuté entre 1996 et 1998, à travers la Côte d'Ivoire, le Congo-Brazza, et à Paris. Ensuite il y a eu Marseille, Aix La Chapelle en Allemagne. On pourra également voir Jazz Continuum à Bruxelles, dans les prochains jours.
Pourquoi avoir choisi le jazz?
J'avais envie de montrer à travers mon travail, le rapport que les artistes entretiennent avec l'Afrique. C'est aussi l'occasion de montrer ce que l'Afrique a donné et de démontrer que ce continent est une source d'inspiration pour des artistes jazz afro-américains. Au Cameroun, lorsque j'étais enfant, mon père écoutait Ray Charles, Francis Bebey, Manu Dibango, Randy Weston, et tant d'autres artistes. A force de les écouter, j'ai appris à apprécier cette musique, le jazz, et ceux qui la mettent en valeur .
D'où vous vient la passion de cette musique et de la photographie?
Je suis un autodidacte. J'ai commencé à avoir le goût pour la photographie, lorsque j'étais à l'internat à Melun. Il y avait un club photo: tandis que certains allaient à la pêche, jouer au foot, ou au basket, moi j'allais au club. C'est ainsi qu'est née ma passion pour les photos.
Le Jazz étant une création conviviale, ouverte aux valeurs de découvertes nouvelles, d'échanges et de rencontres, la photographie me permet d'immortaliser ces moments remplis d'émotion, de chaleur et même d'amour pour cet art venu d'Afrique et qui reunit bien plus que les africains.
D'où tirez-vous votre inspiration?
Mon inspiration, je la tire du musicien, compositeur et pianiste Randy Weston, qui a voyagé à travers l'Afrique et qui a vécu au Maroc, en 1996. Avec son album "African Cookbook", il s'inspire de l'Afrique qui influence son oeuvre musicale de manière considérable et significative et dans laquelle , il puise d'excellentes sources d'inspirations. Depuis j'ai un projet avec l'Unesco nommé "La route des esclaves". La musique, notamment le jazz et le gospel sont des résultantes de l'esclavage.
Quel est le meilleur compliment qu'on ait pu vous faire sur vos photographies ?
Quelqu'un m'a dit un jour qu'il n'ya pas de photographie africaine, il ya juste de la photographie. Les gens sont étonnés lorsqu'ils voient mes photographies et me posent tout le temps les mêmes questions: "c'est vous le photographe?" (rires)
A part Jazz Continuum, quelle sera votre actualité, en 2011?
L'exposition va durer jusqu'au 27 Mai 2011 à la Maison des Etats-Unis au 3, rue Cassette, dans le 6eme arrondissement. J'ai aussi un livre qui doit paraître bientôt. "Minorité visible, Cinéma invisible" est un livre qui parle de la présence des Noirs dans le paysage cinématographique français. Ensuite j'ai une autre exposition au Festival de Jazz en Luberon, en Provence.
Un dernier mot ?
Je souhaite une bonne année à tous les internautes d'Okabol.com! Que tous leurs voeux se réalisent et surtout ne baissez jamais les bras dans la vie. C'est le travail et la perséverance qui paient.
Entretien par Josephe A. MINKA
JAZZ CONTINUUM
Jusqu'au 27 Mai 2011, à la Maison des Etats-Unis à Paris. 3 rue Cassette. Métro Saint Sulpice, 75006 Paris. Ouvert du Lundi au Samedi, de 10h à 19h