| Que devenez-vous, Nyamsi Tobo? |
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| Par Jean-Pierre ESSO | |
![]() Double champion du Cameroun, et deux fois vainqueur de la Coupe, Nyamsi Tobo Patrick Omer est un joueur emblématique du football de son pays, dans les années 80. Okabol.com est allé au Canada, à la recherche de celui qui a fait partie de la fameuse équipe du Mondial juniors, Australie 1981.
Okabol.com - Lundi 20 Juin 2011 Nyamsi Tobo Patrick Omer, que devenez-vous?Premièrement je vous remercie de m’accorder cette interview, par la grâce du Seigneur, je suis bien vivant dans le monde sportif qui est une passion pour moi. Je suis staff de l’équipe nationale Canadienne U17 comme entraîneur et instructeur.A quel moment s’est arrêtée votre carrière ? Après mes années de football au Cameroun qui ont été un cumul de douze ans en première division y compris des sélections en équipe junior, espoir et sénior j’ai eu à trainer ma bosse sur les terrains durant cinq ans dans le championnat Canadien, jusqu’en 1996. Avez-vous rêvé d’être entraîneur, lors de votre carrière de joueur ? Pas vraiment non, mais durant mes dernières années de football au Canada, j’ai été introduit sur ce que l’on appelle la science du football et la transmission des donnes sportives. Cela a été une ouverture d’esprit sur le coaching et j’ai obtenu une Licence A Canadienne et une Licence A UEFA.
Comment se passe votre travail avec la sélection U17 au Canada? C’est un travail de planification, de préparation, de détection et d'éducation, pour mettre nos jeunes au même niveau que les autres dans le monde. Le milieu, la culture, l'état géographique et climatique sont des facteurs peu favorables. Notre travail se fait comme dans toutes les autres équipés plus huppées. Quelles sont vos chances pour ce mondial Mexicain U17 qui débute? Avec tout respect que j’ai du football, il va être difficile de parler de chance. Ce sont encore des enfants et tout est possible durant un match, mais l’équipe qui va être disciplinée avec un état de lucidité dans son jeu va être performante. Que pouvez-vous dire aux Lionceaux, qui, 30 ans après vous, iront eux aussi en Coupe du Monde juniors en Colombie, au mois de juillet? Courage pour l’équipe et bon travail au staff pour qui j’ai du respect, pas pour le résultat, mais pour le travail de fond. Que le Seigneur soit avec cette équipe en Colombie!
Les Lionceaux du Cameroun, en 1981 durant la Coupe du Monde juniors en Australie. Nyamsi Tobo est le 2eme debout, à partir de la droite.
Quel souvenir gardez-vous de votre Coupe du Monde juniors il y a trente ans, en 1981 ? C’est un souvenir mémorable! Un groupe de jeunes avec une passion, du patriotisme et l’envie de jouer pour défendre notre nation. Notre mot de passe était l’esprit d’équipe. Y a-t-il un match en particulier de votre carrière qui vous a marqué ?Il y a eu match et match dans ma carrière et ma mission était de mettre les buteurs dans ma poche. Les grands noms de mon époque. Je me souviens comme hier aux jeux d'Afrique centrale en Angola 1981. J'ai mis l'attaquant Mayélé Ayel du Zaïre hors de lui-même. Mahmoud Al Khatib alias BIBO de l’Égypte, et David Wallace de l’Angleterre en juniors se souviennent de moi.
Nyamsi Tobo (à gauche, en blanc) surveille Mayélé Ayel, durant un Zaire-Cameroun Aujourd’hui, vous en voulez encore à quelqu’un du milieu du football de l’époque ? Pour cette question, j’ai remis le tout à Dieu. Je me suis dit que c’est justement parce que ces personnes étaient de petite moralité malgré leur position, qu'elles ont détruit la vie des autres, pour leur propre intérêt. A ma grande surprise ils sont encore dans le milieu sportif Camerounais: c'est une une honte! Des regrets par rapport à votre carrière ? Des regrets? Oui et non. C’est la vie car l'être humain est mesuré par les obstacles de la vie. L’homme du terrain était très vite condamné et éliminé du groupe parce que nul ne comprenant son environnement, son vécu quotidien, le talent sans suivi est une perte: c’est là mon regret dans le football Camerounais. Gardez vous des contacts avec vos anciens coéquipiers de l’équipe nationale, et de vos différents clubs ?Je suis en contact avec certains. Je donne toujours ma main à mes frères pour une ouverture d’esprit et des échanges d’idées. Kinguè Hermann est le plus proche de moi car il est également au Canada. Il y a aussi Charly Ntamack, Roux Jacques, Omam et André Kana Biyick qui sont constamment en contact avec moi, et plusieurs autres.
Nyamsi Tobo (en rouge) reçoit la visite de son ancien coéquipier Omam Biyik au Mexique, lors d'un stage de l'équipe du Canada. Que vous inspirent les reconversions de vos anciens coéquipiers de l’équipe Nationale? C’est un choix et une décision de chaque individu. Le plus souvent, c’est dans le cadre de restructurations, des raisons de famille, du foot au pays, d’une carrière préparée. Certains parfois n'ont pas de choix, un après-football sans futur. Mais quelque chose doit être fait pour le suivi des anciens Lions! Quel regard portez-vous sur le football actuel par rapport à celui l’époque ?Le football actuel est une sorte de football stérile, je vais vous dire: les quatre dernières années, j’ai assisté aux finale de Coupes du Cameroun. Je me suis posé la question de savoir où est le football. Une autre question de savoir pourquoi les spectateurs ne sont pas au terrain. A notre époque, le plaisir était présent. En match de championnat, je me souviens que 80 000 spectateurs étaient au stade, prêts à revenir le dimanche suivant, car il y avait du football. Je lance un appel à notre tutelle afin que notre pays puisent mettre en place un programme et des structures pour nos jeunes. Êtes-vous nostalgique de ce football camerounais d'antan? J’ai du sang camerounais en moi et ce fut notre temps. Il était beau, avec un respect et du talent dans l’art. Le vert-rouge-jaune était la passion où se trouvaient une détermination, la volonté et le génie. Dans l’ensemble c'était une famille, cela me marque jusqu'à ce jour. Me revoir dans une même équipe avec Jean-Pierre Tokoto, Roger Milla, Abega, J.A Bell, Ndoumbe Lea, Mbida «Arantès», Enanga Zozo, Kaham, Kundé, Ebonguè...Toute cette génération, c’est une bibliothèque et une richesse, si elle avait été bien exploitée. Carrière de Nyamsi ToboAu Cameroun
Le capitaine du Canon de Yaoundé Abéga Théophile présente Nyamsi Tobo au nouveau président de la République Paul Biya, lors de la finale de Coupe du Cameroun 1983 contre l'Union de Douala. Au Canada ![]() Cameroun-Angleterre (0-2), Nyamsi Tobo et David Wallace à la Coupe du Monde d'Australie, le 3 Octobre 1981 à Sydney
Un Canon-Union durant les années 80
Zaire-Cameroun: Mayélé vs Tobo
Le staff de l'équipe cadette du Canada, avec Nyamsi Tobo. | |

















