
Arrivés à Marseille depuis lundi 14 juillet, les camerounais s'acclimatent doucement au sable de la coupe du monde. Mercredi, après la reconnaissance du terrain officiel et de l'entrainement de 45 minutes, on a senti les Lions Indomptables confiants pour l'évènement.
La plage du Prado était ensolleillée mercredi en fin de journée, lorsque l'équipe camerounaise est venue pour la première fois sur le terrain officiel dans lequel se déroulera toute la compétition. Jean-Pierre NGWE, le sélectionneur était ravi: "Le stade officiel que nous avons reconnu n'est pas different des autres stades. Nous jouons généralement sur 38m de long sur 27 de large avec 40 cm de profondeur de sable. Je pense que ces dimensions sont respectées." Trouve-t-il des differences avec ce qu'il a pu connaitre auparavant? "La difference est simplement au niveau de la qualité du sable : celle de Durban est bien differente de celle d'ici et celle de la ville de Kribi où nous nous sommes préparés au Cameroun est encore differente. C'est ça l'adaptation il faudrait que les gars s'adaptent pour que nous fassions un grand championnat".  | | Jean-Pierre NGWE | Les joueurs après le training, mercredi 17/08 | | | | Tamo Philémon du staff des Lions | Le capitaine Abissonono Bertrand |  | | Eric Yopa sous les yeux de son entraineur | | | | | | | |
Ceux-çi sont du même avis:"je pense que ça nous a fait du bien de s'entrainer dans ce stade, où c'est à nous de s'adapter" remarque le capitaine ABISSONONO MOUDIO Bertrand, qui continue "nous sommes venus en compétition c'est aussi pour y affronter des difficultés, et c'est l'une d'entre elles." L'attaquant Eric Yopa fait partie des quatre joueurs arrivés deux jours après le groupe. Ce grand supporter du club de Marseille est bien évidemment ravi d'être sur place, son plus grand souhait étant "de gagner un trophée dans la ville qui m'est si chère". En plus d'apprécier l'entrainement mercredi, il a pris le temps d'étudier ses prochains adversaires dont la Russie, les champions d'Europe. "Ce doit être une équipe avec énormément de qualités, mais la force du Cameroun est de pouvoir vaincre toute adversité et nous essaierons de faire respecter cette tradition." JEAN-PIERRE NGWE tient à signifier aux observateurs que "le Cameroun est venu à Marseille d'abord pour apprendre" et reconnait qu'il fera face à "de grandes nations de Beach soccer, dont pour certaines c'est même leur sport-roi, comme les Emirats Arabes. La Russie et l'Argentine sont aussi de grandes nations. Nous venons pour apprendre mais en apprenant nous comptons surprendre". Celui qui a bien evidemment commencé le coaching dans le football traditionnel fait remarquer que "les Camerounais doivent se mettre dans la tête que le beach soccer n'est comme le football à 11, ce n'est pas pareil! Il s'agit ici de la maitrise des apppuis." Comme pour bien illustrer son propos il ajoute que "quand vous marchez sur la plage, vous sentez comment vous n'arrivez pas à bien vous déplacer. Il s'agit de maitriser l'expression des gestes techniques, et la vitesse des enchainements. Donc c'est un peu different! Lors des entrainements d'hier il etait question de régler certaines situations techniques et tactiques donc ces deux pratiques sont bien differentes". |  | Le Brésil s'entraine... | L'agent de liaison Fifa pour le Cameroun |  |  | Les joueurs des Emirats | Les Brésiliens avant le dîner |
19H, mercredi soir.Les joueurs laissent la place au Brésil sur le sable du Prado. Jean-Claude SAUMANDE, l'agent de liaison Fifa pour le Cameroun met de la bonne humeur dans l'un des trois autobus qui ramènent le groupe vers l'hôtel. Ce membre de la commission technique du district de Provence à la retraite est bénévole auprès de la délégation depuis son arrivée dimanche en ville. "L'ambiance était un petit peu tendue au début car il manquait quelques joueurs, mais dès les premiers instants sur les terrains, ils ont commencé à se décontracter". Jean Claude plaint ensuite ceux qui "malheureusement ont vécu le mistral durant deux jours. Un matin à 7h, quand ils ont voulu aller s'entrainer, il faisait si froid qu'ils sont retournés dans les chambres. Par la suite le soleil est revenu et les joueurs manquants aussi!" Pour lui, le premier match de vendredi "sera déjà capital". Il ajoute que "si on gagne ce match, on gagnera le reste!" en précisant qu'il dit « on » parce que "je me considère déjà camerounais". Déjà, en si peu de temps? "Je connais le Cameroun par ce que j'ai appris à l'école mais surtout par sa participation à la Coupe du Monde de football. Roger Milla et tout ça...Autrement je n'ai pas eu la chance d'y aller mais je suis content que les Camerounais soient venus chez nous". Son rêve est "d'aller avec le Cameroun à la prochaine Coupe du Monde de beach Soccer à Dubaï". En attendant il faut déjà jouer le premier match, ce vendredi en soirée. La paire de gardiens de but Behlè et Kégné semble impatiente d'en découdre avec les Emirats Arabes-Unis, qui logent dans le même hôtel, tout comme dix autres équipes. Marc Junior BEHLE joue à AS MATELOTS de Douala, et tient à rappeller avec le sourire qu'ils viennent de monter en 1ere division. "On a fait un stage bloqué parfait, le staff a bien travaillé, nous les joueurs aussi pour s'améliorer et être prêts pour la compétition". Pour Jean Michel KEGNE, l'équipe est là pour "relever un challenge par rapport à la Coupe du monde". Il ajoute doucement qu' "on risque même de créer la surprise, je ne peux en dire plus mais c'est cela!". Le gardien de but tempère tout de même: "je sais qu'ici à Marseille ce sont les meilleurs du monde qui sont regroupés. Chacun essaiera de tirer son épingle du jeu et ce ne sera pas aussi facile qu'en Coupe d'Afrique!" pour lui comme à peu près tout le monde, "le sable qu'on a trouvé ici est tellement different de celui de Durban! En Afrique du Sud il était un peu moins fin que celui de Marseille. Ce sable est à peu près comme un tapis et est plus lourd. On a pris certaines marques en travaillant dessus et nous ne serons pas surpris le jour du match". Junior Behlè lui trouve que "c'est un sable très professionnel"! Ses premières impressions dessus? "Du sable mouvant, mais bien après je me suis adapté ça ira, ça fait partie de la compétition. Celui de Kribi, c'est vrai, c'est notre plage à nous, on s'y est entrainés, on s'est organisés à l'africaine, mais on n'a pas besoin de plus que ça pour avoir des résultats, on est tranquilles!" |  | Junior Behlè, gardien de but | Jean-Michel Kegné, gardien de but |  | | Bader Hareb, des Emirats Arabes Unis | Les joueurs iraniens de bonne humeur |
Le joueur de AS Matelots n'est pas géné par la présence des autres équipes à l'hôtel: "Nous nous rencontrons de temps en temps dans les ascensceurs, au resto, on se dit hola et c'est tout! Ce n'est pas l'heure de dévoiler ses secrets". Mercredi, lors de l'entrainement officiel, il a vu le staff des Emirats en train de les "espionner" sur place. "On n'est pas effrayés, on a la magie du noir, on va aborder la compétition sans aucun stress. C'est juste un peu de méfiance, mais le groupe est prêt et on attend vendredi pour voir ce qui va se passer". Le coach Ngwé compte sur l'expérience de ses joueurs comme Eyoum,"un ancien de Fovu de Baham, sélectionné en équipe nationale A'. Nous avons aussi Kégné, nous avons Yopa Eric que vous connaissez qui vient de faire sensation (à la Coupe de la Cemac, ndlr). Nous comptons sur leur expérience et nous savons qu'ils vont s'adapter rapidement pour montrer une belle image du Cameroun, ce que nous souhaitons tous". Le dernier mot est pour Bader HAREB, team manager des Emirats Arabes Unis, premier adversaire des camerounais vendredi. Il veut présenter son équipe qui est "pour la deuxième fois en coupe du monde de beach soccer. La première fois, c'était l'an dernier au Brésil". Vainqueur deux fois de la Coupe d'Asie (2007 et 2008) son groupe est "bien content d'être ici à Marseille, une belle ville à ce grand événement. On sera encore plus heureux lorsque nous nous qualifierons pour le deuxième tour. La dernière fois à Rio, on a bien joué, mais on n'est pas passés. On espère donc que cette fois çi, inch allah, on fera mieux en nous qualifiant. Le plus important est que toutes les équipes jouent avec le coeur et qu'elles soient heureuses de se rencontrer ici à la coupe du monde". Bader Hareb confirme bien avoir supervisé le Cameroun à son entrainement mercredi soir. "Mais je connais déjà cette équipe que j'ai vue chez nous à la télévison arabe ART. Je sais que cette équipe est forte et tout comme l'Afrique, avec le Sénégal et le Nigéria qui se sont qualifiés en quarts de finale à la dernière coupe du monde face à de grandes équipes comme l'Italie, l'Espagne le Portugal ou la France. Je respecte le Cameroun dont la qualification n'a pas été facile, face à de fortes oppositions comme l'Egypte, le Nigéria la Côte d'ivoire ou le Sénégal. Je respecte les équipes africaines comme je respecte la France l'Espagne ou l'Argentine". Rendez-vous donc demain vendredi 18 juillet sur le coup de 17h45. Mais en attendant, le tournoi commence officiellement ce jeudi avec le choc France-Sénégal à 19h15 pour terminer la journée qui aura débuté vers 14h45, avec Italie-Iles Salomon, suivi de Uruguay-Iran et de Portugal-El Salvador. |