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Le Sawa Jazz de Julius Essoka Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Samuel Nja-Kwa   

epassi cover
Chanteur, chroniqueur de son quotidien, Julius Essoka sort "Epassi n’Epassi", un album aux sonorités afro jazz. Découverte.

Né au Cameroun il y a quelques lunes, Julius a grandit à Bonabéri, banlieue de Douala, dans une ambiance musicale. A la maison, tous les matins, son réveil se fait au son du magnétophone de son père : « Dès 4h45 commence en douceur sa sélection, jusqu’aux environs de 7h30, lorsqu’il faut à mon tour arrêter les appareils pour prendre le chemin de l’école. Entre-temps, il sera parti et j’aurais changé le volume et la programmation. Toutes les nouveautés, les curiosités et les sélections pour les animations des fêtes et autres cérémonies étaient là. Et un microphone pour annoncer les titres de la sélection (l’ancêtre du DJ !!) ou pour enregistrer le dimanche, les récitations et chansons apprises à l’école par les enfants », se souvient-il. Il sera atteint par le virus de la chanson dès l’âge de 12 ans. Il fréquente déjà, avec quelques copains, l’unique cabaret de son quartier. Le Venus Night Club, qui deviendra le Columbia Night Club.

julius essoka

 Quelques années plus tard, notre chanteur en Herbe parfait son éducation musicale au contact d’autres artistes : Tom Yoms, Frédéric Doumbè. Puis il traverse l’Atlantique, se retrouve en Europe et découvre d’autres musiques qu’il fusionne avec les rythmes de son Cameroun natal.

De retour au pays quelques années plus tard, l’artiste n’abandonne pas pour autant la musique. Fort de son expérience, il devient à son tour le grand frère, celui transmet son savoir aux artistes émergeants.

Epassi n’Epassi son nouvel opus illustre la volonté de Julius : ouvrir sa musique à d’autres sonorités. Du jazz, du blues, du hi-life, du makossa, de l’essèwè, du funk, des chansons a capella (ngosso en douala). L’artiste chante sa culture, son histoire. Sur « Na Poi », il croise la route de Leni Stern. « Yeh Maleh » est une rencontre de deux grandes voix : Celles de Gino Sitson et de Julius Essoka, Avec « Thank you Lord » on pourrait être aussi bien au cœur d’une église gospel à Harlem que chez les Baptistes de Bonabéri. Ce sont les racines africaines qui parlent. Cette musique mérite bien le qualificatif de Sawa Jazz. A écouter sans modération.

 

Julius Essoka, Epassi n’Epassi (Mosaic Music), 2008

epassi n'epassi cover