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A suivre: Souleymanou Bayero Ousmanou Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Jean-Pierre ESSO   

souley bayero logo

Il a dix-sept ans et joue au football depuis son plus jeune âge. Souleymanou Bayero est un jeune camerounais vivant en France dont le rêve est non seulement de percer au plus haut niveau, mais pourquoi pas, revêtir un jour la tunique de ses Lions Indomptables tant admirés. Découverte.

Bonjour je m'appelle Souleymanou Bayero Ousmanou, je suis né le 9 septembre 1991 à Neuilly Sur Seine, en banlieue parisienne. Passionné de football, je joue à l'ES Colombienne depuis cette saison. Je suis ailier gauche ou droit, et je suis plutôt à vocation offensive.

Comment t'es tu interessé au football?

Le football m'est venu lors de la Coupe du Monde 1998 en France. Mon grand père qui est dans le milieu du football était venu voir ce tournoi, l'engouement que cet evenement a produit était grand pour moi! C'est là que j'ai connu Ronaldo, qui est devenu mon idole. A la rentrée scolaire suivante je suis entré dans un club amateur de la ville où j'ai joué pendant six ans avant d'aller dans un autre club plus structuré de Puteaux, où je suis resté trois saisons.

Tu parles de football avec ton grand père? A-t-il influencé ton choix?

Influencé, non, mais encouragé oui, à aimer le foot, il m'a parlé de son passé de son expérience même s'il n'a pas joué. il me raconte des grandes histoires et me donne des conseils. Je le vois peu depuis que je suis plus grand, sauf quand je vais au Cameroun.

Surnom

On me surnommait Ronaldo quand j'étais petit, maintenant c'est Robinho. Je suis assez menu de physique comme lui.

Points forts?

Je suis un dribbleur, à l'instar d'un Hatem BenArfa ou même de Robinho justement! Je vais vite balle au pied, je suis technique et j'ai un assez bon jeu de tête. Je suis droitier, mais j'arrive à frapper fort du gauche.

Points faibles?

Le replacement tactique! C'est un aspect qu'il faut que je travaille sérieusement, c'est important pour nous les dribbleurs qui avons souvent du mal à revenir et à compenser défensivement. Il faut aussi que je prenne plus d'ampleur physique pour résister dans les duels et répondre présent dans les matches difficilles.

Tu joues comme...

...Comme moi même! On est venus au monde chacun de nous avec son étoile à faire briller. Je peux certes m'inspirer de certains joueurs comme Benarfa dont j'adore le jeu, mais je ne jouerais jamais comme lui, comme lui ne jouera jamais comme moi! Je regarde beaucoup de videos pour m'inspirer de certains joueurs mais je veux jouer comme moi même, et j'espère qu'avec mon travail, je réussirais.

Si tu n'avais pas été footballeur?

J'ai reussi à prendre conscience que les études et le football vont ensemble. Poursuivre mes études ou faire quelque chose qui donne de l'émotion aux autres comme la musique. J'ai regardé le documentaire "A la Clairefontaine" où j'ai découvert Abou Diaby, Ben Arfa etc. On y voyait bien qu'il fallait allier études et football pour réussir dans le domaine. Quand on a un talent naturel et que les études ne suivent pas, on n'est pas à l'abri d'une blessure ou quoi que ce soit! Il faut toujours compenser avec l'école.

Loisirs?

J'écoute beaucoup de musique, je suis la mode, et je sors peu...

Musiques dans ton Ipod?

Soul, R&B, Kanye West, du zouk, du compa, du coupé décalé, et aussi des musiques calmes ou instrumentales

Emissions TV?

Pour le football, l'Equipe Du Dimanche, mais aussi le Grand Journal de Canal+

Dernier film vu?

ça remonte à six mois au moins: c'est "SEUL TWO" de Eric et  Ramzy.

Que retrouve-t-on dans ta chambre?

Ma chambre est un petit musée: il y a des posters de Samuel Eto"o, de Ronaldo et bien sûr de Hatem Ben Arfa. J'ai aussi des photos de mode en attendant les miennes, ahahahhaa

Eto'o ou Mboma?

Mboma était un finisseur, et Eto'o fils est un neuf et demi plus complet, qui travaille beaucoup devant les buts. Je choisirais Eto'o que j'ai beaucoup plus regardé, et que je pense qui est plus aimé que son illustre coéquipier.

Qu'évoque pour toi le mot Cameroun?

Entre le Cameroun et moi, il y a vraiment une histoire d'amour. J'ai grandi ici, mais très petit je suis parti là bas durant un an, en maternelle. C'était une petite déchirure quand j'ai dû revenir en France. Je m'étais habitué à la vie de Douala et je voulais y retourner chaque année. Je pense que c'est à cause du football, on voyait même les noms des joueurs dans mes rédactions en français...

Souleymanou en famille
Quel est ton meilleur match des Lions Indomptables?

C'est durant la période 2000-2002, où ils ont tout gagné! Ils auraient même pu gagner la coupe du monde, mais il y a eu des problèmes d'organisation à ce que j'ai su. Il y avait le talent, c'était une équipe homogène. Le match qui m'a marqué est celui du 4 octobre 2000 au stade de France contre les Bleus. Patrick Mboma avait mis un but sur  une touche de Womé Nlend. Je le revois là dans ma tête, inoubliable!

Et ton moins bon souvenir des Lions?

C'est le 26 juin 2003 quand Marc Vivien Foé est décédé...J'étais au club, j'ai couru chez moi voir le match contre la Colombie. Je me souviens aussi que Eto'o fils n'était pas là, parti jouer la Coupe du Roi en Espagne. Son remplacant Ndiefi avait marqué le but du match en première mi-temps. Je revois bien Foé cinq minutes avant de tomber faire une accélération sur le côté gauche, revenir et redescendre. J'ai lu quelque part une anecdocte disant que Foé aurait dit à ses coéquipiers à la mi-temps "on va gagner ce match quitte à mourir sur le terrain". Finalement c'est lui qui est parti, c'était un très grand joueur! C'est mon pire souvenir.

Tu rêves de porter le maillot vert-rouge-jaune?

Oui, j'en rêve depuis la CAN 2000, quand j'ai appris à aimer cette équipe. Il y a une énorme effervescence au pays quand les Lions jouent c'est incroyable! Je veux vraiment porter ce maillot! On me demande parfois si je n'aimerais pas jouer pour l'équipe de France: mais je ne me sens pas lié à elle autant qu'avec celle du Cameroun, même si je n'ai encore rien fait. mais je ne sais pas je ne me vois pas jouer pour les Bleus.

Quels sont tes souhaits pour les mois à venir?

En 2009, j'espère avoir la chance de faire des essais dans des clubs pros et pourquoi pas les intégrer! C'est tout le mal qu'on peut me souhaiter...

Avec Maboang Kessack (ex international camerounais, en rouge)

Que feras-tu de ta première paye quand tu seras professionnel justement?

Je crois que je la donnerais à mes parents.

Si jamais tu devais ensuite t'acheter une voiture, tu choisirais quel modèle?

Une mini Cooper, dans la simplicité. Si je joue bien, mes cachets vont augmenter, et là je me prendrais une Bentley (rires)

France Football vient de décerner son Ballon d'or à Cristiano Ronaldo: es-tu d'accord avec ce verdict?

Je suis tout à fait d'accord parce que ce joueur est le meilleur de la saison 2007-2008. Il était sur une autre planète: 42 réalisations en presqu'autant de matches, il a un jeu typique à lui, rare, fait de percussions, de gestes techniques souvent superflus, mais ça fait le spectacle. Maintenat il doit garder la tête sur les épaules et il mérite son ballon d'or.

Tes parents te soutiennent-ils à 100%?

Oui, ils le font même si par le passé ce n'était pas trop ça. Ils privilégiaient les études au foot, et quand ma mère a vu que pour moi le foot passait au dessus de tout et c'est ce que je voulais faire, elle m'a encouragé et j'espère que le travail de prospection qu'elle fait pour moi sera bénéfique et que je pourrais la rendre heureuse plus tard en retour...

Souleymanou entouré de ses parents

Souleymanou entouré de ses parents


La maman de Souleymanou

J'ai toujours soutenu la jeune carrière de mon fils, je n'ai fais que ça. Souleymanou a décidé d'avoir cette passion pour ce sport, je n'ai vécu que pour ça! Aujourd'hui, je pense que je suis contente de le voir arriver. C'est vrai qu'il en a encore pour longtemps mais pour le peu qu'il a déjà fait je suis contente de voir qu'il le réussit bien.
Ce n'était pas trop dur de l'accompagner au club  tous les mercredis quand il était petit?

Non pas du tout! Quand ils sont plus jeunes, ils sont plus facile à manager. Cette passion était déjà forte, il me poussait presque à l'amener, je n'ai pas eu de soucis par rapport à ça, et il allait après seuls aux entrainements...C'est dur de le voir parfois jouer avec des adultes et prendre des coups, on a peur des blessures. Du coup, Souley ne voulait pas que je vienne le voir, soit disant qu'il avait "peur de mal jouer". Moi même, j'ai joué au football au lycée dans ma jeunesse, je connais un peu les coups qu'on peut prendre, et c'est vrai que j'avais des appréhensions mais je voyais qu'il se débrouillait bien, ça va quoi!

Votre fils a 17 ans, et il y a déjà des joueurs de son âge à un niveau supérieur. N'avez vous pas l'impression qu'il est en retard sur sa progression?

En retard? Je ne peux pas dire que ce soit du retard. On a privilégié ses études  au départ! On aurait pu l'orienter plus jeune en école de formation, mais avec des parents comme nous ayant fait de longues études, nous on le voyait aussi dans de longues études. Mais lorsque la passion du football s'est manifestée, on y a pris peu attention au départ, et après, le mettre en centre de formation c'était tardif! Si sa passion est énorme comme il le veut, je crois que bien encadré par des anciens joueurs comme Maboang Kessack qui a réveillé le foot en lui, il pourra aller loin. Nous, ses parents, on n'était pas formés pour cela: les ados quand ils grandissent ont des envies, des passions. Mais la passion des études n'était pas forte: il s'est remis aux études tout en jouant, et s'il peut allier les deux ce sera un joueur complet et parfait.


Fatimatou (sa soeur)

fatimatou

Je suis déjà allée le voir jouer quand il était plus petit. Maintenant je n'y vais plus, il n'aime plus qu'on vienne...Mon frère jouera un jour la coupe du monde, en 2014 pourquoi pas? J'en suis sûre!


Jean-Pierre ESSO
Au sujet de l\'auteur:
Journaliste depuis janvier 2002, je m'occupe des sports sur Okabol.com, après avoir été rédacteur à Camfoot.com, correspondant de Fifa.com pour l'Afrique à Paris, rédacteur de "lives" à Eurosport.fr, reporter pour Cifoot.com et radio Jam Abidjan au Mondial 2006.
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