Présenté au 21e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO 2009) le film de Francine Kemegni intitulé “Dans l’ombre d’une autre” traite du mariage en Afrique tiraillé entre modernité et tradition.
« J’ai fait ce film pour décrier le fait que les parents soient toujours en train d’intervenir dans les choix. Il faut qu’ils prennent un peu de distance dans les décisions qui engagent la vie de leurs enfants. L’acte de mariage c’est le seul acte qu’un homme signe dans sa vie », explique Francine Kemegni sur un blog camerounais. Celle dont le film était projeté au Fespaco, section Panorama en février dernier est née en 1971 à Yaoundé au Cameroun. Francine Kemegni est une réalisatrice autodidacte qui a fait son apprentissage sur le tas en côtoyant les plateaux de tournages.
Ayant abandonné ses études universitaires en Mathématiques dès 1993 pour s’intéresser au cinéma, elle suit des formations en montage numérique et en écriture scénaristique. D’abord stagiaire sur les plateaux, elle côtoie plusieurs réalisateurs camerounais sur des films de cinéma et de télévision en tant que scripte où assistante de réalisation. Ayant déjà à son actif deux courts métrages, "Dans l’ombre d’une autre" est son premier long métrage. De quoi est-il question? Dans la note d'intention de la réalisatrice, on peut lire: "Face au choix de vie qu’est le mariage, la divergence entre la modernité et la tradition met l’africain moderne dans un embarras dont l’issue varie d’une personne à l’autre. La question du régime matrimonial qui ne se pose plus sous d’autres cieux est plus que jamais de rigueur. Pourquoi se marie t’on en Afrique ? A quoi sert-il à un homme stérile d’avoir plusieurs femmes ? Comment comprendre et tolérer l’infidélité ? Face aux problèmes ou situations d’ordre psychologique et existentiel que révèlent les réponses à ces questions, l’africain moderne ne trouve pas de solution dans la psychanalyse où la philosophie. Alors le salut ne viendrait-il pas de la tradition ? Des us et coutumes où encore de la sagesse des ancêtres?" 
Honoré Noumabeu et Francine Kemegni "Dans l'Ombre d'Une Autre" a été projeté début avril au Centre culturel François Villon de Yaoundé. Dans un pays dont la plupart des salles de cinéma les plus populaires (le Wouri, l'Abbia) ont été fermées, quel avenir pour ce film? La réalisatrice se dit préoccupée par la question, et pense qu’en fait, « la fermeture des salles n’est pas une mauvaise chose pour le cinéma africain et camerounais. Ces salles ne vivaient pas de notre cinéma. Nous l’avons compris, nos films vont rouvrir les salles ». Francine auteur du scénario et des dialogues est soutenue par son mari, Honoré Noumabeu, qui est le producteur délégué du projet, et également caméraman.
Les scènes de ville ont été tournées à Yaoundé. On peut ainsi y voir des rues, des avenues, des bars, les maisons familiales. Les scènes du village se déroulent dans une banlieue de Yaoundé appelée Abom Ba’aba avec en prélude les paysages des hauts plateaux de l’Ouest Cameroun pour nous raconter l’histoire de Alain NONO. Ce jeune cadre au ministère du commerce est déjà fiancé à Laurence lorsque sa mère lui présente Marie, qu’elle a déjà dotée pour lui. De peur de se faire maudire par ses parents, Alain épouse civilement Laurence avant de se marier coutumièrement avec Marie. Alors commence pour lui une double vie. A l’insu de Laurence, Alain se rend de temps en temps auprès de Marie qui vit au village. Tout serait parfait si son épouse Laurence lui avait aussi fait un enfant comme Marie en trois ans de mariage...
FICHE TECHNIQUE ET ARTISTIQUEDans l'Ombre d'Une Autre
Un film de
| Francine KEMEGNI | Scénario et dialogues
| Francine KEMEGNI | MUSIQUES
| Corry DENGUEMO et Doudou NOUMABEU | PRODUCTEURS ASSOCIES
| FRANCIS NOUKIATCHOM-SOSTHENE FOKAM-MARIE BRIGITE NGONO NDIGUI | PRODUCTEUR DELEGUE
| Honoré NOUMABEU | Genre
| FICTION / durée : 100mn / Format : DVCAM 16/9.
| | | COULEUR/ DOLBY SR / Langue : FRANÇAIS / sortie fév 2009
|
- Une production HDN pictures SARL
- Avec le soutien du Ministère Camerounais de la Culture, du Djeuga Palace Hôtel et de l’Association Les CLEOPATRES
|