Après la projection en avant-première de "L'Ecole des Ambassadeurs" et avant sa difdfusion ce samedi à la télévision, sur Public Sénat (22h), voici quelques réactions du public présent mercredi. Karym Robinet qui a fait le voyage aux Usa, n'apparait pourtant pas dans le documentaire. Il parle tout de même de son expérience à Seattle...
Karym Robinet, l'un des "Ambassadeurs"Karim, tu as participé à une expérience "l'école des ambassadeurs" mais on a vu surtout les étudiants qui étaient du côté de San Diego. Pas trop frustré de ne pas apparaître dans ce film? Ben non, puisqu'en fait, c'était la décision du réalisateur en fait, donc, on savait très bien qu'en 52 minutes, on ne peut pas tout montrer du projet. En plus du séjour en lui même de 15 jours aux USA, cela a pris des mois en amont et puis, après, on a eu plusieurs réunions aussi. Mais c'est vrai que nous, on a vécu aussi une expérience qui aurait méritée d'être dans le film mais bon, enfin...Frustré, non, mais on aurait aimé être mis en scène quoi! Par rapport au film qu'on a vu, qu'est-ce qu'il y a de similaire à l'expérience que toi tu as pu vivre à Seattle? Donc, en fait, l'expérience à Seattle était un peu différente puisqu'on n'était pas dans le même contexte en fait. A San Diego, ils étaient beaucoup plus sur le groupe de France qui va dans une école en particulier alors que ce que nous, nous avons vécu à Seattle, c'était une immersion individuelle. Chaque personne était dans un collège différent et donc, voilà, dans des familles différentes avec une seule personne par famille, c'était plus individuel. En ce qui concerne les similarités, bien sûr, le jour des élections, on a tous vécu quelque chose de super. Eux, au Plazza, dans leur camp et nous, dans un hôtel qui était le "QG" des démocrates de l'état de Washington. C'était aussi une grosse fête, vivre le résultat de l'élection en direct avec des centaines de démocrates dans une salle, c'était vraiment la grosse fête quoi! Le jour de l'élection, c'était vraiment super. Les jeunes lors du débat après la projection
Après la projection du film mercredi soir, tu as déclaré que tu allais retourner aux USA pour passer quelques mois. Est ce justement cette expérience inoubliable qui te fais y retourner? Oui, donc, en fait, en plus de l'expérience de 15 jours qui a été superbe, comme j'ai dit à l'assemblée, cela m'a permit de me créer un réseau. Je suis en BTS commerce international, j'ai besoin d'un réseau international et puis ça se crée comme ça par les voyages, connaître diverses personnes et dans l'association où on était, les partenaires principaux étaient de gros partenaires comme Boeing, Starbuck, etc, vraiment de grosses compagnies. C'est clair que ça m'a permis d'avoir des contacts avec les directeurs qui étaient eux-mêmes sur place et qui pourront me servir pour le futur. Et puis, oui, je retourne à Seattle, c'est un peu un rêve qui se réalise, depuis le temps que je voulais vivre ça aux USA! Voilà, en 15 jours, on a découvert quelque chose de super, qui était super cadré aussi. C'était une période assez particulière, des évènements et un contexte particulier mais là, vivre 2 mois et demi, je serais peut être déçu, je sais pas mais bon, j'y vais, c'est sûr pour l'instant...
Vanessa, acheteuse de films La chose qui m'a marquée du film, ce sont des jeunes qui parlent de façon intuitive, ce n'est pas un langage construit, ce n'est pas un langage éduqué, c'est vraiment quelque chose qui vient d'eux. Par rapport à la forme du film, le montage, qu'est ce que vous avez à dire dessus? Je pense qu'on peut dire que le langage est "sans façon" et la syntaxe est quelque chose qui identifie un peu au personnage pour des gens qui commencent un peu à penser un peu à ce genre de sujet. Une très bonne introduction, l'introduction est touchante sans entrer dans le mélo. Quel est le personnage qui vous a le plus marqué dans ce film? Franchement, l'américain qui donne son speech sur Martin Luther King Jr, il m'a vraiment fait rire. Sinon sur les ambassadeurs, la citation de celui qui a dit qu'il était emprisonné entre les deux cultures [Bouna Mbaye, ndlr], j'ai trouvé la réflexion hyper sophistiquée pour quelqu'un de son âge. Je pense que c'est la chose qui m'a le plus marquée et j'imagine que pour le film aussi, c'était la citation à la fin du film. 
Vanessa | 
quelques spectateurs ravis | Justement, vous, en tant qu'américaine en France, est-ce que vous vous sentez plus américaine parce que vous êtes en France? C'est intéressant parce que je ne suis pas du tout 100% américaine, car mes parents sont d'Amérique latine: mon père est argentin et ma mère, du Guatemala. Je n'ai pas grandi aux USA, j'y ai grandi la moitié de ma vie, et l'autre moitié en Amérique du Sud. J'ai un passeport américain, mais on ne parle pas du tout l'anglais à la maison. En fait, dès que je suis en France, je me sens mille fois plus américaine ! Je pense aussi que c'est ce qui m'a marqué, le commentaire qu'il a fait. Moi, je ne me sens pas forcément américaine aux USA, mais dès que je pars, je le sens beaucoup plus même si je n'ai même pas un accent américain.
Yannick Elydjah Meyo, du site I Love Lbv "Ce que Laurence a fait, c'est que d'entrée de jeu, elle a sélectionné les jeunes de banlieues sérieux. Ces enfants là se débrouillent déjà en anglais, ils comprennent bien et se font comprendre, alors qu'en France, il y a des français qui ne parlent pas du tout anglais . C'est déjà le plus important quand tu communiques, quand tu vas chez les autres, te dire "je ne vais pas en terrain conquis, je vais chez les autres, je dois parler la langue".Comme un africain qui vient ici, il parle français, donc un français qui va aux USA va parler anglais mais il y a beaucoup de français ici qui ne se débrouillent pas du tout et qui des fois, vont se dire que les USA, c'est pas bien parce qu'il sait qu'il ne va pas se faire comprendre là-bas. Donc, ça peut être un prétexte pour ne pas aller là-bas, pour dénigrer les autres alors que c'est sa propre frustration de ne pas pouvoir parler la langue de l'autre et de ne pas faire un pas vers la culture de l'autre. Et du coup, tomber sur ces petits enfants qui parlent anglais, qui font la démarche d'aller vers la culture de l'autre et au-delà de ça, ce sont des enfants qui sont intelligents. Comme eux même l'ont dit, les critères de sélection, c'est ne pas être parti auparavant aux USA mais c'est aussi avoir de bons résultats scolaires. Pendant les questions après le documentaire, les petits s'exprimaient bien et ça, ce que je trouve dommageable, ce sont les émissions comme par exemple, les histoires d'Arlette Chabot où l'échantillon qu'on va te prendre qui doit représenter une certaine communauté, finalement, ce sont des gens comme le petit antillais, avec son accent mignon et qui n'est pas forcément le plus cultivé de tous, ils vont aller te prendre le petit sénégalais qui va être le plus virulent de tous, te prendre le petit portugais qui fume..."  Laurence Lascary et Yannick Meyo
"Je sais pas si c'est une volonté de saper l'image des gens et au final, le rendu, c'est que les gens issus de la diversité qu'on nous présente à la télé font toujours penser aux autres français qui se pensent plus légitimes, je veux dire les caucasiens. Quand tu as un petit qui est de banlieue qui ne parle pas bien le français, qui ne va plus à l'école alors que l'école est obligatoire jusqu'à 16 ans et qui a arrêté l'école depuis l'âge de 15 ans et que son père est éboueur d'origine sénégalaise, finalement, tu te dis ben voilà, ils ne sont pas intégrés. Mais quand tu vois ces petits là, le petit Bouna, assez expressif, très marrant, ben finalement, ce petit là, il est comme n'importe quel petit français. Pourquoi? Parce qu'on a pris un petit français, je ne peux pas dire un petit français d'origine sénégalaise, mais on a pris un petit français intéressant qui sait s'exprimer et qui est peut être même plus intégré qu'un petit français qui vient du 16ème, simplement parce qu'il est cultivé, cet enfant est cultivé et intelligent. Et si on prenait plus de petits comme ça de banlieue qu'on mettait à l'écran, qu'on rendait un peu plus visibles, je pense que ça changerait les mentalités des gens parce que ça arrive souvent. Je pense qu'il y a des gens qui vont regarder ce documentaire là et qui vont dire "mais ces petits là ne sont pas comme les autres!".
Cathy M., chanteuse Je sors de la projection de l'école des ambassadeurs. C'était très intéressant, très émouvant, un des rares reportages du genre, basé sur la diversité qui représentait des jeunes de banlieues, et qui était émouvant et qui montrait autre chose que le mauvais côté des jeunes, qui montrait au contraire leur intelligence et puis, une belle aventure, au fait, tout simplement. Je trouve que le reportage a été super bien fait parce qu'on plongeait vraiment, on avait vraiment l'impression d'être avec eux et de ressentir ce qu'ils ressentaient...Et c'est ça qui est dur à faire dans un reportage, c'est pas toujours bien fait et là, du début à la fin, les séquences étaient bien choisies donc voilà... Quelle a été la séquence qui vous a le plus touchée, marquée, fait pleurer ou sourire? Oui, c'était lorsque le professeur qui parlait à ses élèves de l'histoire des Etats Unis et du monde et qui projetait sur un avenir, un avenir bien évidemment meilleur et pendant qu'elle parlait, il y avait le plan de plusieurs élèves qui était différent et qui résumait très bien le documentaire finalement parce qu'on voyait très bien la diversité qui était marquée au moment où elle parlait. Voilà, j'ai trouvé cela très émouvant, j'avais la larme à l'oeil... Mehdi T., l'un des jeunes et Laurence Lascary
Qu'avez dit à votre amie Laurence Lascary à la fin de la projection? Alors, je n'ai pas eu le temps de lui dire tout ce que je voulais lui dire mais franchement, j'ai été très très très, enfin pas étonnée, parce que je sais qu'elle est pro et quand elle fait quelque chose, elle va jusqu'au bout et elle le fait bien. Mais j'ai trouvé que tout était carré et très professionnel. La projection était très bien, du début à la fin, je ne parle pas que du cocktail [rires] mais aussi de l'organistaion et le lieu qui étaient très bien, rien à redire. J'espère qu'elle va continuer comme ça!
Le documentaire passera à la télévision sur la chaine Public Sénat, est-ce que vous allez le revoir ou encourager des gens à le regarder? Bien sûr, surtout que je fais des voix off dedans (rires). Donc oui, je vais encourager tout le monde, en envoyant des textos. C'est dommage que ce soit seulement sur cette chaine pour le moment, j'espère qu'il y aura une chaîne hertzienne qui va reprendre le reportage parce que Public Sénat, c'est pas tout le monde qui a cette chaîne qui n'est pas forcément très regardée! |