Artiste plasticienne, ancienne directrice des programmes à la télévision ivoirienne (RTI) expose ses œuvres au Masaï Mara à Paris.
Geneviève T. Wanné, pouvez-vous nous présenter votre exposition ?
Il s’agit d’une exposition a quatre thèmes: Féminité, le reflet d'être, les racines du temps et des arts et traditions. Chaque thème s'articule avec les différents motifs présents dans mes tableaux.
Depuis quand avez-vous commencé à réaliser vos œuvres ?
Il y a des tableaux qui se font en quinze jours, et d'autres en un an. Certains tableaux ont été fait à Abidjan, étant donné que tous les matériaux viennent d'Afrique. Le plus extraordinaire dans l'art, est qu'il est possible en très peu de temps d'arriver à concevoir quelque chose. Je me suis dit "j'ai un petit peu de couleur terre et je veux qu'il y ait ce bleu indigo que j'adore". Le travail se fait tout de même sur près d'un mois, avec le temps de la conception et le séchage des couleurs et des drapés: il leur faut du soleil! Généralement, il me faut un temps assez long.
D'où vient votre inspiration pour ce travail?
Tout cela remonte à très loin. J'ai travaillé à la télévision ivoirienne, où j'ai eu à faire des émissions avec des femmes à travers l'Afrique. C'est à partir de là que je me suis intéressée à tout ce qui est ARTISANAT d'art : Les poteries, par exemple, c'est à travers un reportage que j'avais fait à KATIOLA, dans le nord de la Côte d'ivoire. C'était dans ce village de potières que j'ai eu un coup de foudre pour cet art là. Au départ, j'ai surtout travaillé les poteries avant de faire les tableaux. La poterie traditionnelle est très importante pour moi. La rondeur des pots fait penser aux hanches de la femme. Les pots servent à transporter de l'eau, source de vie. Sur la plupart de mes tableaux, on retrouve ces symboles de la femme et de la poterie. Autour de ces pots, on retrouve des perles qui sont aussi autour des hanches des femmes. C'est tout une symbolique qui se retrouve à l'intérieur de mes tableaux.
Quels sont les autres symboles de vos tableaux...
Il y a aussi ces mangroves, ces racines qui sortent de l'eau et qui sont façonnées par le temps et donc sculptées de façon naturelle. Ce sont des pièces chargées de mémoire, de mystère, où j'inclue mes poteries. Les drapés: je trouve que les femmes sont très belles quand elles portent des drapés. J'ai voulu, à partir de ces drapés, faire apprécier cette légèreté du voile, celui qui entoure les femmes. Ces drapés sont tous de couleur bleue, une couleur que j'aime beaucoup, que j’aie créée. C'est un bleu Indigo assez spécial, que vous retrouverez dans tous mes drapés. Miroirs: C'est tout récent. C'est le reflet de tout ce qui nous entoure, le reflet de la personne qui regarde. C'est plein de mystères, un miroir. Je veux que celui ou celle qui regarde se pose des questions devant mon tableau. Il y a le reflet de cette personne inclus à l'intérieur de mon tableau par rapport au miroir.
Nous sommes à paris dans le 19e arrondissement, y a-t-il des chances que votre exposition soit présentée dans d’autres villes ?
Je dois dire que c'est la première exposition que je fais sur Paris. J'en ai fait trois au Mans, où j’étais la marraine du festival "court métrage africain du Mans".
Vous avez une double culture ivoirienne et française vous avez grandi et travaillé en Côte d'ivoire. Quel est l'impact de votre côté français dans le travail que vous présentez ?
En ce qui concerne ma culture française, on n’en retrouve pas grand-chose malheureusement, et j'ai le regret de le dire. Le travail que je fais est beaucoup plus axé sur ma culture africaine dont je me sens plus proche. On le voit sur moi à travers les boucles d'oreilles que je porte: j'ai envie qu'on sache que je suis africaine !
Exposition "Une Histoire d'Amour entre l'Art et les Traditions" au restaurant Masaï Mara du 3 décembre 2007 à février 2008.