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Habib Koité Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Par Samuel Njakwa   

Habib koiteL’Ambassadeur des rythmes mandingues

Avec « Afriki », le chanteur malien Habib Koité fustige la jeunesse africaine à qui il demande de s’attacher aux valeurs traditionnelles. Rencontre.

 

Pouvez-vous présenter votre album ?
Il s’appelle Afriki, C’est un voyage à travers le terroir malien qui peut vous emmener jusque dans les métropoles. Il y a des ambiances, c’est un album ouvert vers le monde.

Et comment est né le projet Afriki ?
C’est mon quatrième album, il est né sur la route. J’ai des producteurs et périodiquement je suis tenu de faire un album. Entre le troisième et le quatrième, 6 années se sont écoulées. Cela n’a pas été facile. Mon temps s’est transformé : Ma disponibilité physique a changé parce que je suis tout le temps parti en tournée (je suis l’un des artistes africain qui tourne le plus dans le monde). Les tournées sont organisées de telle sorte que je joue pratiquement tous les soirs, ou alors que je suis dans un avion. A la fin de la tournée, je rentre directement au Mali, et lorsque je rentre, il y a des choses à régler. Ma vie est tellement remplie que le temps de faire un album me manquait. L’idée était là mais il fallait que je trouve le temps.

Vous avez donc trouvé le temps, et fait un album très personnel qui trouve ses bases dans la tradition
J’ai compris comment fonctionne la musique, la structure des musiques. Je veux utiliser la musique du terroir malien pour une question identitaire. Au Mali, nous avons la chance d’avoir une diversité de rythmes, de mélodies, de langues, c’est ce qui m’inspire. J’y ajoute ma propre personnalité. J’aimerais bien être le lien entre ces micros cultures afin que les gens puissent les découvrir.

Comme une sorte d’ambassadeur ?
Oui dans le sens où je fais connaître mon pays. Au Mali, il y a un festival de l’eau qui sert à promouvoir la construction d’un barrage, il y a un festival à Ségou, un autre à Tombouctou et je suis l’ambassadeur de tous ces festivals. Je tiens à préserver mon identité et j’invite tous les Maliens à faire ce travail.
Les jeunes issus des milieux ruraux sont imprégnés des cultures, mais ceux des milieux urbains ont presque perdu leur identité. C’est bien d’être moderne tout en gardant son identité. Dans la musique, ça permet aux autres de découvrir d’où on vient.

C’est un album où il est beaucoup question de la jeunesse, où les musiques sont traditionnelles mais demeurent modernes
C’est un symbole. Je veux ramener la jeunesse vers certaines de nos identités culturelles. Je veux montrer ce que je peux faire à partir des musiques traditionnelles, donner des idées afin qu’on ne soit pas tous détournés vers l’Etranger mais qu’on puisse conserver nos valeurs, qui sont notre identité. C’est important de les préserver. Je ne dis pas qu’il faut demeurer traditionnel, je dis qu’il faut utiliser notre identité, la faire évoluer dans un monde divers.

Vous parlez des jeunes, mais tous n’ont pas la même chance que vous, celle d’avoir été dans une école de musique, professeur de musique, ils rêvent plutôt d’arriver au somment.
Le phénomène est réel. Je connais effectivement des jeunes qui veulent faire de la musique, je ne connais pas leur passé, ils sont pressés de passer à l’étape supérieure, d’être reconnus comme musiciens. C’est un bon sentiment, mais qui peut nuire lorsqu’on n’a pas de base, de connaissance du métier d’artiste. Il faut la connaissance, le travail, le talent. En Europe ou aux Etats-Unis les artistes commencent assez tôt, vers l’âge de 5-10 ans et ce n’est que vers l’âge de 20 ou 25 ans qu’on les reconnaît. C’est vrai qu’en Afrique on commence tard, mais ce n’est pas une raison pour brûler les étapes. Pour qu’une carrière s’installe il faut avoir des bases solides.
Album: Habib Koité & Bamada Afriki (Cumbancha)

 

Habib koite (Dirk Leunis)
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